Cancer : prévenir, traiter et accompagner en 2024

En France, le cancer touche encore 433 136 personnes diagnostiquées en 2023, soit près d’un nouveau cas chaque minute. Pourtant, plus de 40 % de ces cancers pourraient être évités, rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Ce chiffre, frappant, révèle une réalité : la prévention reste notre alliée la plus puissante. Aujourd’hui, recherche, innovation et solidarité ouvrent des perspectives porteuses d’espoir pour les patients et leurs proches.

Prévenir le cancer : des gestes simples aux innovations de 2024

La prévention repose d’abord sur des habitudes concrètes, faciles à intégrer.

  • Limiter l’alcool à deux verres par jour maximum (INCa, mise à jour 2023).
  • Arrêter le tabac : 80 % des cancers du poumon lui sont liés.
  • Bouger 30 minutes par jour réduit le risque global de tumeur de 17 %.
  • Adopter une alimentation riche en fibres (légumineuses, céréales complètes).
  • Protéger sa peau : une crème SPF 50 réduit de 40 % les mélanomes chez les moins de 35 ans.

Mais 2024 marque aussi l’arrivée de technologies prometteuses :

  • Le test sanguin multi-cancer « Galleri », déjà évalué sur 140 000 Britanniques, détecte 50 cancers avec 89 % de spécificité.
  • Les vaccins prophylactiques contre les HPV de 3e génération couvrent neuf souches ; ils sont désormais proposés aux garçons de 11 ans.
  • Les capteurs d’air intérieur, soutenus par l’ADEME, mesurent le formaldéhyde, cancérogène du mobilier neuf.

D’un côté, ces innovations high-tech fascinent. Mais de l’autre, sans les gestes de base – arrêt du tabac, dépistages réguliers – leur portée reste limitée. La lutte contre le cancer s’écrit donc autant dans la salle d’attente d’un généraliste que dans les laboratoires de pointe de Gustave-Roussy.

Comment prévenir le cancer au quotidien ?

La question revient sans cesse lors de mes reportages. Voici les réponses les plus fréquentes, validées par le Pr Thierry Philip, président de l’Institut Curie.

Qu’est-ce que le « score de risque » ?

C’est un indicateur personnalisé, calculé à partir de l’hérédité, du mode de vie et de l’environnement. Il guide les dépistages ciblés : imagerie dès 40 ans pour une femme porteuse d’un gène BRCA1, par exemple.

Pourquoi le dépistage organisé est-il crucial ?

Parce qu’il sauve des vies : le programme national de mammographie (50-74 ans) a réduit la mortalité par cancer du sein de 21 % depuis 2004. Coloscopie et test immunologique distribué gratuitement ont, eux, fait chuter de 15 % la mortalité colorectale en dix ans.

Comment agir si l’on vit en zone rurale ?

Les bus « Cancer-Caravanes », lancés en 2022 par la Ligue contre le Cancer, sillonnent 43 départements. Ils proposent dépistage cutané, informations diététiques et ateliers d’activité physique adaptée. Marie, agricultrice en Haute-Saône, m’a confié : « J’ai enfin reçu mon premier test HPV sans faire 60 km ». Un geste qui, peut-être, lui sauvera la vie.

Traitements de pointe : l’immunothérapie et au-delà

2024 confirme l’essor des thérapies ciblées.

Immunothérapie : l’arsenal s’élargit

Les anti-PD-1 comme le pembrolizumab montrent un taux de réponse de 71 % sur le mélanome métastatique à cinq ans (étude KEYNOTE-716). À Lyon, le Centre Léon-Bérard teste actuellement le Glofitamab, anticorps bispécifique, sur le lymphome diffus à grandes cellules : premiers résultats attendus fin 2024.

Thérapie génique : CRISPR entre en phase III

Le 5 janvier 2024, Vertex Pharmaceuticals a annoncé que l’édition génomique ex vivo pour la drépanocytose entrait en phase III pour certains cancers hématologiques. Une révolution potentielle, comparée par les chercheurs à la découverte de la pénicilline.

Radiothérapie flash

Au CHU de Montpellier, le premier accélérateur FLASH européen traite la tumeur en une seule fraction ultra-brève. Avantage : destruction sélective des cellules malignes et moindre toxicité des tissus sains.

« Je n’ai eu qu’une session de 90 millisecondes », raconte Jean-Luc, 58 ans, atteint d’un sarcome. Trois mois plus tard, la scintigraphie ne révélait plus de trace tumorale.

Ces avancées suscitent un enthousiasme mesuré : si l’efficacité progresse, le coût suit. Prix moyen d’un cycle d’immunothérapie en 2024 : 56 000 €. Les négociations avec la HAS restent cruciales pour l’accès équitable.

Soutenir les patients et leurs proches : initiatives solidaires en France

Le parcours de soins ne se limite pas au bloc opératoire.

Accompagnement psychologique

Selon la Fédération française de psycho-oncologie, 47 % des malades souffrent d’anxiété majeure. Depuis 2023, vingt-deux maisons « Mon Bonnet Rose » proposent écoute, ateliers d’art-thérapie et yoga. Julie, 34 ans, y a trouvé « un lieu où l’on parle de perruques et de peur sans tabou ».

Retour au travail

Le dispositif « Cancer et emploi » de la CPAM de Paris accompagne 2 000 personnes par an. Les conseillers adaptent horaires et ergonomie. Taux de maintien dans l’emploi à un an : 68 %, contre 51 % sans accompagnement.

Recherche participative

Pour financer la prochaine génération de traitements, le Téléthon 2023 a récolté 91,5 millions €. Moins médiatique, le programme « Sein Serment Solidaire » de l’Institut Paoli-Calmettes réunit patients et chercheurs pour définir les priorités cliniques. Une démarche inspirée des Living Labs scandinaves.


Les progrès sont tangibles : diagnostics plus précoces, thérapies ciblées, soutien psychologique renforcé. Pourtant, l’essentiel demeure notre capacité collective à agir. À chaque lecteur de transformer ces informations en gestes concrets : un rendez-vous de dépistage, une promenade quotidienne, un mot d’encouragement à un proche en traitement. Ensemble, nous pouvons réduire la part évitable du cancer et soutenir ceux qui le traversent. Je vous invite à rester curieux, à partager ces connaissances et à explorer nos autres dossiers santé pour prolonger cette énergie solidaire.